1. La psychanalyse d’hier à aujourd’hui
  2. Le réseau pour la psychanalyse à l’hôpital
  3. Les symptômes
  4. Les “psy”

La psychanalyse d’hier à aujourd’hui


Sigmund Freud La psychanalyse est une science récente en comparaison à d’autres et qui ne cesse jamais de se développer et de se transformer. Il est donc assez complexe de retracer brièvement son évolution mais il est important de se rappeler les origines de la psychanalyse, pour comprendre l’héritage à transmettre, les noyaux freudo-lacaniens de la pratique actuelle.

La psychanalyse est un traitement particulier de la souffrance humaine. Sa particularité est issue du fait de son ancienneté, qui lui confère une richesse théorique et clinique sans précédent. Depuis plus d’un siècle, c’est-à-dire des tâtonnements de Sigmund Freud à la finesse de Jacques Lacan, jusqu’à aujourd’hui, la psychanalyse est une science en évolution et en perpétuel mouvement, constamment à construire.

Sigmund Freud invente la psychanalyse progressivement à partir des années 1896, au travers de recherches conceptuelles traitant des pulsions, de l’inconscient, du refoulement, de la sexualité infantile. Sa perception de ces concepts est révolutionnaire en ce qu’elle questionne de nouveau profondément la manière de penser l’humain, déterminé et soumis par l’inconscient. Il commence alors par s’intéresser à l’hystérie et à l’hypnose comme moyen d’investigation, puis il théorise l’effet pathogène des souvenirs devenus inconscients car insupportables, liés à des événements traumatiques.

Au fil de ses réflexions, mais aussi pour adapter la thérapeutique aux cas de névrose qu’il rencontre (surtout les hystéries), Freud invente la psychanalyse. Il abandonne l’hypnose, la suggestion et la catharsis pour proposer une technique particulière : la libre association. La technique psychanalytique se propose en effet de répondre aux failles des autres techniques (certains patients n’étant pas hypnotisables, les effets de la catharsis n’étant pas durables, la suggestion éveillant des résistances trop solides).

La règle fondamentale de la libre association apparaît donc comme une prescription essentielle pour le traitement de la névrose. En demandant au patient de quitter toute attitude critique et/ou interprétative pour parler librement les pensées qui lui traversent l’esprit, Freud propose une voie nouvelle qui libère les affects et les représentations refoulés, sources de symptômes.


Jacques Lacan C’est en 1900, avec les travaux sur l’interprétation des rêves, que naît officiellement la psychanalyse freudienne, la première thérapeutique à considérer l’importance de l’inconscient, l’existence de la valence latente des comportements et des discours. Dans la poursuite des travaux de Freud, Jacques Lacan a longuement pensé les modalités de la transmission de la psychanalyse.

Dans ses travaux, Lacan se propose de réactualiser la lecture des travaux du père de la psychanalyse en fonction de l’évolution des débats, des sociétés et des recherches. C’est avec l’aide de la linguistique moderne, des mathématiques et du structuralisme – outils manquants à Freud – que Lacan transforme la pratique de la psychanalyse.

Par exemple, il donne une importance particulière au contenu des séances et au langage, comme indicateurs de l’avancée du patient dans son travail et comme colonne vertébrale sur et avec laquelle il faut travailler pour déterminer notamment la fin des séances, pour proposer une autre technique d’interprétation.

Lacan a fortement déterminé l’évolution théorique et clinique de la psychanalyse et son enseignement. Avec Freud, il incarne encore aujourd’hui une des plus grandes références de la clinique psychanalytique.

Aujourd’hui, sans doute, la psychanalyse est le moyen d’investigation du psychisme humain le plus efficace. Au cœur du traitement psychanalytique, c’est le patient, sa parole et la relation thérapeutique qui sont considérés, utilisés et respectés. La psychanalyse n’est plus seulement destinée au traitement des névroses simples mais a pour objectif de répondre à la particularité de chacun quelle que soit sa souffrance. C’est surtout grâce à Jacques Lacan que la technique a connu un essor significatif vers la psychanalyse contemporaine, mettant la parole du sujet et le discours de l’inconscient au premier plan. C’est avec son impulsion que de nombreux autres auteurs se sont saisis de l’objet d’étude psychanalytique.

Si la psychanalyse ou la psychothérapie sont des engagements difficiles et nécessairement tempétueux, c’est parce que laisser parler son inconscient c’est exprimer ce qui est soigneusement mis à distance, refoulé. Avec du désir décidé, le patient ou le psychanalysant pourra comprendre l’origine de ses souffrances et résoudre réellement les conflits internes générateurs de bien d’autres symptômes.




Le réseau pour la psychanalyse à l’hôpital


logo Le Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital (R.P.H) prend ses origines de l’expérience d’un psychanalyste parisien qui, depuis une vingtaine d’années, pense avec rigueur l’articulation de la psychanalyse avec la souffrance des patients atteints de maladies organiques, corporelles ou psychiques.

Depuis, le R.P.H est né et s’inscrit dans trois objectifs principaux :

(1) Accueil et écoute des personnes en souffrance, soit psychique, soit corporelle, soit organique;
(2) Formation clinique et théorique nécessaire et continuelle pour occuper la position de psychothérapeute ou de psychanalyste;
(3) Mise en place d’une réflexion et d’une articulation concrète entre le champ médical et le champ psychanalytique;

Dans le cadre de ces objectifs, le cabinet participe régulièrement à différents colloques, séminaires, groupes d’étude et à plusieurs supervisions hebdomadaires. C’est en étant membre d’un réseau d’une vingtaine de cliniciens, qu’il est possible de continuer à se former et à penser sa propre position de psychothérapeute, pour fournir indéfiniment la meilleure prise en charge à tout être en souffrance.

C’est pour faire vivre les valeurs humanistes du réseau, que la Consultation Publique de Psychanalyse des Yvelines a ouvert ses portes en 2015. Un dispositif accessible, adapté et au cœur de la cité pour répondre aux besoins de personnes en souffrance quels que soient leurs moyens financiers.




Les symptômes


La priorité en psychothérapie ou en psychanalyse n’est pas de supprimer la symptomatologie. En effet, le symptôme est là pour répondre à un besoin, pour apaiser une angoisse. Ce symptôme est souvent la seule solution trouvée par l’inconscient pour exprimer un mal-être et pour continuer à avancer tant bien que mal.

L’utilité du trouble est de prendre la place de la parole quand elle n’est pas possible ou réprimée. Entreprendre une psychothérapie ou une psychanalyse c’est exprimer par le langage ce qui est à l’origine de la souffrance pour éviter que celle-ci trouve une autre voie d’expression dans l’organique, le psychique ou le corporel.

Il est donc important de cultiver le désir de vouloir savoir sur son inconscient, pour se réconcilier avec soi-même et permettre au symptôme de disparaître car devenu obsolète. La classification des différents symptômes est indicative et non exhaustive. Elle permet cependant de se représenter l’extrême variabilité des constructions symptomatologiques qui expriment une certaine souffrance. Ils sont des troubles en ce qu’il peuvent être excessifs ou en défaut et en ce qu’ils engendrent une souffrance pour le sujet ou pour les proches.



Les troubles de la pensée

Les obsessions, les ruminations, la peur d’insulter quelqu’un, la peur de commettre un acte agressif envers soi ou envers quelqu’un, la peur de voler, la culpabilité, les doutes envahissants, les difficultés de concentration, les troubles de la mémoire, les auto-reproches, les auto-accusations, l’autodépréciation, la honte excessive, la méfiance, une trop grande empathie, une fierté excessive, le mépris et le dédain, l’entêtement, la jalousie, l’envie, les absences, la rancune, les pensées et les fantasmes d’agression, les pensées suicidaires, une mauvaise image de soi ou une faible estime de soi, les pensées contradictoires, l’impossibilité à prendre des décisions, le sentiment permanent d’insécurité, la peur de l’abandon, la confusion, le délire (persécution, paranoïa, revendication, jalousie, grandeur, mégalomanie, érotomanie, négation d’organe, mystique, influence), l’agitation, l’inertie, la démence, les hallucinations.

Les troubles de la sexualité

Les douleurs lors des rapports sexuels, l’addiction à la sexualité, la dépendance à la pornographie, la masturbation excessive ou source de culpabilité, l’absence de sexualité, les troubles du désir, les troubles du plaisir, le dégoût et la frigidité, la peur des rapports, l’anorgasmie, le doute quant à l’identité sexuelle ou quant à l’orientation sexuelle, les difficultés à concevoir un enfant, les relations sadomasochistes, l’exhibitionnisme, le voyeurisme, le transsexualisme, les comportements à risques, les désirs et fantasmes prohibés par la loi qui peuvent entrainer un passage à l’acte et une grande souffrance, l’impuissance ou les « pannes », l’éjaculation précoce, les difficultés lors de l’éjaculation, le manque de lubrification, le vaginisme, les troubles du cycle menstruel.

Les troubles de la psychosomatique

Les maladies de peau, les douleurs musculaires, les maux de tête, l’hypertension artérielle, l’asthme et les allergies, les ulcères, les troubles digestifs, les troubles respiratoires, les troubles de la locomotion, la fatigue excessive (neurasthénie), les palpitations, les tremblements, la transpiration, les spasmes intestinaux, la diarrhée profuse, l’impression d’étouffement, la gêne thoracique ou abdominale, les nausées et les douleurs, la sensation de vertige ou d’évanouissement, les engourdissements, les frissons et les bouffées de chaleur.

Les difficultés relationnelles

Echecs à répétition dans les rapports amoureux, amicaux ou professionnels, les problèmes familiaux, les difficultés à investir une relation, les séparations, les problèmes de couple, impossibilité à lier tendresse et sensualité, l’isolement affectif, la relation d’emprise, les relation passionnelles, exclusives, dévorantes et destructrices, le chantage affectif, les relations de dépendance affective, la contagion mentale, les difficultés à communiquer, le sadisme, le masochisme.

Les troubles du comportement

La trichotillomanie, l’onychophagie, les achats compulsifs, la kleptomanie, la tendance à se laver excessivement, les vérifications interminables, la potomanie, la pyromanie, l’avarice, la religiosité, la scrupulosité, la rigidité, la froideur, la pudeur excessive, les phobies, l’ablutophobie, l’acarophobie, l’acrophobie, l’agoraphobie, la cancérophobie, la claustrophobie, la dysmorphophobie, l’émétophobie, l’éreutophobie, la gymnopobie, l’hématophobie, la nosophobie, l’ochlophobie, la phobie sociale, la zoophobie, la thanatophobie, l’anorexie mentale, la boulimie, le mérycisme, l’auto-agressivité, l’hétéro-agressivité, l’agitation, l’intolérance à la frustration, la dramatisation, les crises de nerfs, le mensonge, la passivité, la timidité, la peur du regard, l’auto-dévalorisation, l’impuissance à agir, l’infantilisme, les comportements à risques, les répétitions, la maltraitance, l’humiliation, les troubles du sommeil, les troubles du langage, les troubles du langage écrit, les troubles de l’apprentissage, les troubles de la lecture, l’énurésie, l’encoprésie, la coprophagie et la coprophilie.

Les addictions

La toxicomanie et la polytoxicomanie, l’alcoolisme, le tabagisme, la dépendance aux médicaments, à la télévision, à internet, aux forums de discussion, la dépendance aux jeux vidéos, au sexe, à la pornographie, aux jeux pathologiques, la dépendance au travail, au sport, la boulimie, l’anorexie, les conduites à risque.

Les troubles de l’humeur

La manie, la détresse, l’euphorie, l’irritabilité, l’hyperactivité, l’agitation, l’insomnie, la fuite des idées, la logorrhée, l’hypersensibilité, la labilité émotionnelle, les difficultés de concentration, une assurance excessive, la cyclothymie.




Les “psy”


Psychologue

Un psychologue est un professionnel de la psychologie diplômé d’un DESS, d’un DEA ou aujourd’hui d’un Master II en psychologie. Les cinq années d’études sont composées d’expériences théoriques (cours magistraux, travaux dirigés) et cliniques (stages) au sein d’une université et d’institutions sanitaires. Il existe différentes spécialités au diplôme, de la psychologie sociale à la psychologie cognitive, en passant par la psychologie du développement ou du travail.

En venant au cabinet, vous rencontrerez un clinicien diplômé d’un Master II de Psychologie clinique et de psychopathologie psychanalytique. Ce diplôme permet la pratique de la psychologie clinique et offre au professionnel une large connaissance de la psychopathologie et des techniques de prise en charge de malades et de patients.

Psychothérapeute

Le titre de psychothérapeute, actuellement protégé en France, signifie que les psychologues cliniciens ou les psychiatres proposent des psychothérapies. Il existe actuellement de nombreuses formes de psychothérapies qui évoluent en fonction des sociétés et des groupes. La psychothérapie correspond en quelque sorte à la technique que va utiliser le psychologue clinicien pour accueillir et aider les patients ou les malades.

En venant au cabinet vous rencontrerez un psychothérapeute membre du R.P.H – École de psychanalyse. Cette formation de psychothérapeute, centrée sur la psychanalyse est très rigoureuse. Elle suppose d’abord que le psychothérapeute fasse lui-même une psychothérapie ou une psychanalyse et qu’il soit régulièrement présent à des supervisions, des groupes d’étude, des colloques et à des réunions cliniques.

Psychanalyste

Le psychanalyste est le clinicien qui adapte son positionnement thérapeutique avec la psychanalyse. Les différentes modalités pour pouvoir se qualifier de psychanalyste varient grandement en fonction des différentes écoles. Dans tous les cas, le psychanalyste se forme dans une école de psychanalyse, comme le R.P.H, et apprend dans le temps (parfois plus de quinze ans) à manier le transfert, à écouter les manifestations de l’inconscient, pour diriger correctement une cure et mener le psychanalysant à trouver une place de sujet dans sa propre existence.

Psychiatre

Le psychiatre est un médecin qui a étudié la médecine et qui s’est ensuite spécialisé dans les troubles psychiatriques. De par sa position de médecin, il peut prescrire des traitements chimiothérapiques lorsque cela est nécessaire (antidépresseurs, anxiolytiques, psychotropes) ou même proposer des hospitalisations. Psychologues cliniciens et psychiatres travaillent souvent en étroite collaboration, lorsque la psychothérapie nécessite un premier apaisement médicamenteux.


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